Publié dans écolo Maniaque, nutri maniaque

La durabilité en industrie alimentaire

Hello à vous, amis maniaques !

Vous vous dites certainement : « OMG, quel titre sérieux pour un article de Maman Maniaque ! »… oui, je sais. Je n’en reviens pas moi même.

Mais bon, j’ai eu la chance d’assister il y a peu à une intéressante conférence consacrée au développement durable.

Et je me suis dit que vous seriez sûrement heureux que je la partage avec vous ! Je me trompe ?

 

Conférence Brufotec

 

brufotec

Le contexte

Ben oui, je trouvais donc qu’il faisait trop beau pour rester dans mon jardin, et j’ai donc décidé de m’enfermer dans une salle de réunion. Un cas classique de masochisme des temps modernes. Ou de belge qui ne supporte pas le beau temps.

Pour votre culture générale, sachez que Brufotec, cela veut dire « Brussels Food Technology ». Cela vous bouche un coin, hein ?

Derrière son logo particulièrement atroce se cache une ASBL (association sans but lucratif) qui a pour mission d’aider, par la sensibilisation et l’aide personnalisée,  les entreprises bruxelloises actives dans le secteur alimentaire à la mise en place et au suivi des normes en matière de sécurité et d’hygiène alimentaire (ok ok, c’est toute une bouchée, mais j’ai pas inventé… c’est recopié de sa page web). 

Brufotec m’avait gentiment invité à son après-midi consacrée à l’alimentation durable. Comme l’écologie est un sujet qui me touche fort, j’ai décidé de quitter ma douce campagne afin d’affronter la tant redoutée grande capitale !

Introduction

En ce 2 aout 2017, mes chers amis, ce sera la tristement célèbre Earth overshoot Day. Dès ce jour, nous vivrons en crédit par rapport aux ressources de la terre. Chaque année, cette date avance dangereusement.

earth overshoot day

Le développement durable consiste à continuer à se développer, mais en maintenant un équilibre entre trois systèmes: l’économie, la planète et une société juste et équitable.

Nous n’avons qu’une seule planète. Sans vouloir sombrer dans le mélodramatique facile à deux centimes, pour le bien-être des générations futures, nous savons que nous devons la protéger.

Comment ? En veillant à réduire notre empreinte écologique, à savoir la quantité de surface terrestre bioproductive nécessaire pour répondre à nos besoins mais aussi absorber les déchets que nous produisons.

Pourquoi veut-on des entreprises durables ?

A nous seuls, petits citoyens de ce bas monde, on peut déjà agir pour diminuer notre empreinte écologique : faire attention à notre consommation, diminuer les achats de viande, favoriser les circuits courts …

Mais faire savoir que,  en tant que consommateur, nous désirons acheter des produits d’entreprises qui respectent nos valeurs, c’est encore mieux, non?

En plus, pour une entreprise, c’est tout bénef : économie d’énergie, innovation, implication de son personnel, modernité, vecteur de confiance…

durabilité

Que peuvent faire les entreprises en termes de durabilité ?

La conférence commençait par un bon brainstorming entre les orateurs et les invités. Comment les acteurs de l’industrie agro-alimentaire pouvaient-ils agir en faveur de l’avenir de notre planète chérie ? Voici les différentes pistes proposées. Certaines sont directement applicables pour vous et moi, vous ne trouvez pas ?

Les économies d’eau :

  • Récupérer et utiliser l’eau de pluie pour les lessives, toilettes, arrosages, nettoyages des véhicules..
  • Installer des compteurs à différents endroits pour voir ce qui consomme le plus (cibler les machines qui fonctionnent de façon anormale, qui présentent des fuites…).
  • Diminuer les débits des chasses d’eau et robinets.
  • Améliorer la qualité de l’eau : diminuer la concentration en produits et employer des produits écologiques.
  • Récupérer une eau pas trop souillée pour des manipulations extérieures (par exemple, laver les camionnettes), utiliser des circuits fermés. Ainsi, moi je récupère l’eau du séchoir ou de cuisson des légumes pour arroser mes plantes…
  • Choisir des aliments ou des techniques qui nécessitent moins d’eau pour leur traitement ou transformation.
  • Analyser le processus de nettoyage pour évaluer la consommation d’eau.

durabilité maniaque

Énergie :

  • Production d’énergie verte (photovoltaïque, éolienne, choix des fournisseurs).
  • Limiter la consommation d’électricité : leds, timers et capteurs de présence, éteindre la lumière des frigo,  dégivrer régulièrement les chambres froides, utiliser la chaleur générée dans les frigos pour chauffer les pièces à côté, éteindre les appareils sous tension, acheter de l’électroménager moins énergivore.
  • Isolation des bâtiments et des tuyaux de chauffage.
  • Réaliser des puits de lumière, qui permettent d’utiliser moins d’éclairage artificiel.
  • Diminuer la t° de 1°C = 10 % d’économie
  • Prévoir des sas dans les restos, magasins afin de modérer les déperditions d’énergie.
  • Placer des thermostats à différents endroits.
  • Faire réaliser des audits énergétiques.
  • Utiliser le service bihoraire.
  • Adapter le process par rapport aux machines utilisées.
  • Eviter les recherches google. Une recherche sur ce moteur correspondrait à chauffer une tasse de café dans un micro-ondes ! Favoriser plutôt Ecosia ou Lilo, qui investissent dans des projets durables.

 

Les achats :

  • Travailler avec des fournisseurs « durables » : recyclage, mobilier de récupération, MSC, Bio, équitables…
  • Acheter moins de papier, et favoriser le papier recyclé.
  • Favoriser les matières premières en circuit court.
  • Se renseigner sur les équipements : origines et modes de productions.
  • Utiliser des emballages réutilisables.
  • Faire une étude d’impact écologique entre les tabliers et vêtements de travail réutilisables (consommation d’eau et produits ) et les  jetables.
  • Tenir compte des saisons dans le choix des aliments.

circuit court

Les déchets :

  • Supprimer les emballages : favoriser le vrac.
  • Meilleure évaluation de la consommation pour ne pas avoir de restes : en pesant les déchets des consommateurs des restaurants, par exemple.
  • Service de repas : adapter les quantités en permettant de se resservir si besoin.
  • Réutiliser les fanes, les restes pour des soupes.
  • Faire attention à la découpe : ne pas trop jeter.
  • Bien gérer ses stocks : le principe du PEPS (premier entier, premier sorti) et de la chaîne du froid.
  • Poubelles de tri centralisées : éviter les poubelles personnelles dans chaque bureau. Le fait de devoir se déplacer pour jeter ses déchets finirait par modifier les comportements.
  • Imprimantes centralisées : dans le même ordre d’idée, devoir déplacer sa graisse pour chercher chaque document incite à imprimer moins…
  • Imprimer intelligemment : recto-verso, adapter la police.
  • Utiliser des tasses et verres lavables au lieu des gobelets jetables (mais attention à l’impact du produit de vaisselle + eau… C’est un calcul à faire)
  • Arrêter les envois de publications des employés qui ne sont plus là.
  • Placer des fontaines à eau, des machines à café.
  • Compostage (réutilisation en potager), acheter des poules et cochons pour consommer les restes.
  • Produits dépassés (DLC et DDM) mais encore consommables : les utiliser rapidement à condition qu’ils soient sans risque.

 

Mobilité:

  • Personnel : favoriser et financer le transport en commun.
  • Encourager le covoiturage.
  • Prévoir des douches pour les cyclistes.
  • Supprimer des parkings.
  • Investir dans des voitures électriques de société.
  • Privilégier le télétravail.
  • Réaliser un plan de mobilité adapté à l’entreprise et son personnel.
  • Livraisons : regroupement des livraisons, création de plate-formes pour éviter de rouler à vide.
  • Favoriser les circuits courts.
  • Utiliser des dépôts à l’entrée des villes.
  • Offrir des cours d’éco-conduite aux chauffeurs.
  • Favoriser les livraisons à vélo pour les petits volumes (il y a des vélos adaptés).

 

Social :

  • Travailler au niveau du bien-être du personnel, l’impliquer.
  • Offrir de la flexibilité au personnel.
  • Adapter l’environnement de travail en matière d’ergonomie.
  • Favoriser la réinsertion sociale (handicapés, en marge de la société).
  • Produits équitables.

 

Quelques exemples

Le fast food durable …

Créée en 2001, Exki, chaîne de restauration rapide belge haut de gamme, propose des aliments frais, une bonne quantité de produits biologiques et une philosophie ancrée dans la durabilité.

Parmi leurs actions durables, citons : le don des invendus, la préférence au bio, au fairtrade, à l’électricité verte, à la récupération de vieux matériaux pour décorer les restaurants, l’engagement de personnel sourd et muet, un partenariat avec WWF, l’action Share a coffee pour offrir un café aux plus démunis, le permafungi (récupérer le marc de café pour faire pousser des pleurotes dessus)…

 

La ferme durable …

Créée en 1984, à l’initiative du centre Nos Pilifs, la Ferme emploie aujourd’hui 170 personnes dont 140 sont en situation de handicap. Leur mission est d’adapter la tâche à la déficience de chacun afin de réduire les difficultés et de permettre à tous de s’épanouir dans le travail.

La ferme a reçu le label écodynamique depuis 2001.

Parmi les actions durables mises en place, retenons une utilisation rationnelle de l’eau, par des citernes de récupération, un puits et deux lagunages, le tri des déchets, l’huile de friture filtrée utilisée comme carburant, le compostage, les ruches et hôtels à insectes, prés fleuris, l’absence de pesticides, la mise en avant du vélo…

La mer façon durable …

océan marée

L’entreprise de poissonnerie Océan Marée à Anderlecht disposait d’un grand toit à valoriser. Ils se sont dirigés vers les panneaux photovoltaïques, qui ont permis une économie d’argent en production d’énergie, un accès à des certificats verts et un système rentable pour recharger leurs véhicules électriques.

Au niveau de leur production, ils ont réfléchi à des approches durables: bacs en frigolites remplacés par des bacs plastiques réutilisables, pallettisables et empilables, le choix de poissons d’élevage en pleine mer et à croissance rapide (cobia), de l’aquaponie (association de culture de tomates engraissées aux déjections de poisson) de bar omega, un poisson acceptant une alimentation entièrement végétale élevé en Belgique..

 

Le magasin durable …

farm

Färm est une coopérative d’alimentation bio, qui compte 6 magasins à ce jour.

Ses valeurs sont la coopération, la joie de vivre, la justesse et l’exemplarité.

Elle privilégie les entreprises familiales et non côtées en bourse.

Parmi ses actions durables, citons : le choix d’une eau exclusivement belge, un large choix de produits « zéro waste », sans emballages, en vrac,  le soutien des productions locales (dont le quinoa belge), des produits anti-gaspi (tel le partenariat generous pour vendre des spéculoos cassés), les dons des invendus au personnel ou à des associations …

 

L’info durable …

youmeal

Youmeal,  entreprise spinoff de l’Université Catholique de Louvain, a mis au point un logiciel permettant d’objectiver l’information relative à un produit sur tous les niveaux d’information santé et environnement.

En effet, face à la demande de transparence croissante des consommateurs, les acteurs de l’alimentation doivent pouvoir fournir des informations de composition et d’impact écologique, et ce dans un coût maîtrisé.

Sachez, mes chers amis, qu’un changement minime dans une recette peut avoir un impact sur la consommation énergétique et en eau.

Ainsi, supprimer le beurre, remplacer le lait par du lait de soja, la farine par du chou-fleur sont des mesures qui peuvent transformer une béchamel classique en un produit intéressant pour sa composition et son impact environnemental, et ce pour un prix raisonnable.

 

Conclusion

Les intervenants ne sont évidemment que quelques exemples parmi tant d’autres. De plus en plus d’industriels se rendent comptent de l’avantage économique d’une approche plus durable.

En tant que consommateurs, nous avons de plus en plus le pouvoir de choisir nos fournisseurs selon les valeurs auxquelles ils adhèrent.

Nous pouvons tous également, à notre petite échelle, faire des choix de vie plus durables, tels que :

  • Acheter utile, local, éthique.
  • Donner ce dont on ne se sert pas.
  • Privilégier les achats de seconde main.
  • Consommer moins : eau, essence, énergie, matériel inutile …
  • Manger davantage végétal: moins de viande, davantage de fruits, légumes et graines.
  • Eviter les produits d’entretien polluants.
  • Trier les déchets.
  • Bannir le plus possible l’usage unique.

 

Sur cette réflexion plus profonde qu’à mon habitude, je vous dis « A bientôt chez la Famille Maniaque ! »

et … Merci qui ? Merci Brufotec !

Un commentaire sur « La durabilité en industrie alimentaire »

  1. C’est la deuxième fois cette semaine que je lis lilo dans un article… Et j’aimerais qu’on m’explique pourquoi il serait moins mangeur d’énergie que Google?

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