Publié dans Les états d'âme de Maman Maniaque

Confessions d’une Maniaque Idéaliste

Hello à vous, amis maniaques !

Aujourd’hui, mon état d’âme est différent des autres… Vous m’excuserez si mon ton est un chouia moins léger que d’habitude, mais vous allez comprendre.

Ancienne victime du burn out, je viens de vivre une des semaines les plus difficiles de ma vie, et comme vous le savez, et peut-être est-ce aussi votre cas, écrire me permet de me libérer. Vous êtes donc, vous,  mon confessionnal et mes sauveurs, mes chers amis maniaques.

Car aujourd’hui, je me pose, et je vous pose par la même occasion, cette question existentielle profonde :

 

Le Maniaque est-il directif, stressant et manipulateur ?

judas maniaque

Comme chez beaucoup de mes nouvelles amies Home Organisers ou autres reconverties, le burn out a provoqué chez moi un profond dégoût du milieu professionnel, de la politique d’arriviste des collègues, de l’égoïsme et de la recherche du profit à tout prix.

Mais, deux ans et demi après ma plongée en enfer, j’ai cru qu’il était temps de refaire face à mon métier initial, de me réinvestir dans un projet commun, de faire profiter à d’autres de tout ce que j’avais appris entretemps. Car oui, j’étais guérie ! J’y croyais ! A fond !

Je me suis donc engagée pleine d’entrain dans une association professionnelle, composée de collègues bénévoles. Tout paraissait idyllique : un groupe de jeunes, forcément motivés et désintéressés (puisque bénévoles, hein…) et une tête bouillonnant d’idées, à partager au plus vite. Car quand on aime, attendre, c’est impossible. Et puis, la Maniaque n’est pas un être de patience. Vous le savez sans doute.

En témoigne tout le plan d’action déjà imaginé du fin fond de la salle de jeux de mes enfants…

brainstorming de maniaque

Montée en puissance

Dès l’élection du comité d’administration, dans l’euphorie du moment, boostée d’adrénaline, je me suis donc plongée, tête baissée, dans un échange de mails passionnés avec mes chouettes nouveaux collègues, afin de cerner au plus vite qui pourrait se lancer dans quel projet.

Bien mal m’a pris… mon humour et ma familiarité, que vous, chers amis maniaques connaissez, fut immédiatement perçue comme inappropriée. La vitesse à laquelle j’avais voulu entraîner tout le monde dans un brainstorming était considérée comme  directive. Et ce que moi je considère comme de la réactivité fut considéré comme stressant.

Mince alors. Quelle douche froide.

Passé le choc initial, j’ai lu, relu et rerererererelu les mailings pour voir où j’avais foiré. Où j’avais manqué d’empathie, de considération, de respect.

Rien. Nada. Je ne voyais pas. Suis-je donc si bornée pour ne rien voir ?

Est-ce mon ton ? Ma forme ? Suis-je trop cash ?

Car oui, le burnout, il fait ça. Surtout quand le résultat de la fréquentation prolongée et imposée d’un pervers narcissique. On se remet en question. On ne comprend pas. Le doute persiste. Constamment.

Drapeau blanc

Mais je ne voulais pas m’arrêter là. Je voulais être courageuse. Il s’agissait quand même de ma profession, de mon métier, de mes valeurs. Je n’allais pas laisser passer une chance pareille si vite.

J’ai donc envoyé un mailing « mea culpa » pour m’excuser du tord que j’aurais causé, pour me justifier, pour apaiser. Et pensais pouvoir en rester là.

judas maniaque

Le soir de notre première réunion, on devait départager et voter les différentes attributions du comité. J’avais donc, avec ma maniaquerie usuelle, préparé une petite présentation. J’avais demandé l’ordre du jour quelques jours au préalable, dans une formulation polie et non familière. Visiblement, la conformité, cela ne rapporte pas plus, vu le peu de réponse reçue à ma demande.

Entretemps, Papa Maniaque n’arrêtait pas de me dire « dans quoi tu t’es encore foutue, là. Sors de là, ça ne sert à rien ». Mais moi, je suis une tête de mule. Ou alors profondément masochiste. Une tête de mule masochiste, dira-t-on.

Bladerunner

Le soir venu, l’ordre du jour fut, bien entendu, présenté à notre arrivée, par la maître marionnettiste en présence, qui s’était auto-proclamée « modérateur ». Et sa poupée chérie au premier rôle : la preneuse de notes.

Zut, pas le temps de préparer un truc valable. Surtout qu’un rapide coup d’oeil sur le point nr 2 me fige sur place.

« Vos ressentis par rapport au mailing des quinze derniers jours« …

Alors, autant dire les choses comme elles sont, non ? Donc comprenez « Allez, on s’y met tous pour le lynchage de Maman Maniaque. Et avec double couche, s’il vous plait, des fois qu’elle aurait pas pigé notre finesse« .

Glurps.

Que faire ?

  • M’enfouir ? Pas facile quand c’est moi qui véhiculait trois de mes collègues (Note personnelle : la prochaine fois  imaginer un plan B…). J’allais quand même pas les planter là.
  • Faire des blagues ? Mauvaise idée, ma grande, tu as bien vu ce que cela t’a rapporté avant.
  • Rester calme ? Non mais, vous m’avez déjà bien vu ? Oui oui, je sais que c’était ça la bonne réponse. Pas la peine d’en rajouter.
  • Simuler un malaise ? Mince, pourquoi j’y ai pas pensé, à celle-là.

J’ai donc pris la meilleure inspiration que je pouvais (dur avec un air vicié, mais soit, j’avais oublié mon Ventolin et ma bouteille d’oxygène ) et tenté de garder un semblant de composition pendant que les pierres se jetaient sur moi. L’apogée fut atteinte lorsque Marionnette Première a sorti ses (quatre) petits papiers avec tout ce qu’elle me reprochait.

Paf !

Paf !

Tiens, encore une ! Tu aimes ça, hein ! Avoue.

Ma voisine, la seule courageuse à mes côtés dans cette bataille perdue d’avance, se liquéfiait sur place. Je pense qu’autant que moi, elle aurait voulu se téléreporter ailleurs.

Inutile de dire que mon sort était déjà jeté avant même que l’on arrive aux présentations des candidatures aux différents postes.

Mais là, je ne sais pas pourquoi, j’ai repris du poil de la bête. Un peu comme cette poule décapitée qui court dans la basse-court. Globalement, je trouvais que ma présentation s’était passée relativement dignement et calmement. Mais c’était sans compter le coup fatal. La mise à mort.

judas maniaque

Final Destination

Ok ok j’avoue, je me présentais comme présidente. J’aurais pu préciser d’emblée.

Mais bon, je me connais, je ne supporte pas l’autorité. Alors autant s’assurer de ne pas en subir, non ? J’étais chef d’équipe auparavant, et je sais que je peux mener des projets, ayant toujours travaillé avec respect et équité.

Et puis, j’avais un ami dans le comité, un soutien, quelqu’un qui pourrait me modérer si j’allais trop vite, quelqu’un en qui je pouvais faire confiance et qui avait autant envie de faire progresser notre métier que moi.

Mais ne dit-on pas « With Friends like you who needs ennemies ? » (Pourquoi aurait-on besoin d’ennemis si on a des amis comme toi).

Ben oui, vous l’aurez compris. Le coup fatal est venu de là où je ne m’y attendais pas du tout :

Je n’ai pas voté pour toi, car cela aurait été trop stressant pour toi. Un jour tu me remercieras.

Mon Judas, sache une chose, JAMAIS je te remercierai de m’avoir planté le couteau dans le dos, sans me prévenir à l’avance. JAMAIS je me serais engagée dans ce genre de foutoir si je me savais si seule. JAMAIS je ne désire encore t’adresser la parole.

Moi, rancunière ? Noooooooooon.

judas maniaque

Conclusion

Une fois rentrée dans mon cocon familial calme et protecteur, les larmes ont pu couler à flot, les plaquettes de chocolat se loger confortablement dans mes fesses, et j’ai envoyé ma note de démission.

Au moins j’aurais essayé.

Ma BFF m’a conseillé de lire Les accords toltèques. J’ai commencé. Mais c’est difficile quand les pages se mouillent constamment. Peut-être pourrez-vous m’en faire un chti résumé.

Et vous savez ce qui m’aide vraiment en ces moments ? Ranger ! Bouger ! (et écrire, forcément)… Je trie les vêtements d’hiver, je range la salle de jeux, je prépare l’arrivée du printemps.

judas

Car, dans le fond, je sais que j’étais droite dans mes bottes, conforme à mes valeurs. Le minimalisme et la simplification m’ont véritablement aidée à trouver qui je suis.

Ils n’aiment pas mon humour ? Ma proximité ? Mon besoin de me lier d’amitié de mes collègues, clients et patients ?

Et bien, tant pis pour eux. Ils n’ont rien compris. Ils n’étaient pas prêts.

je range chez vous

Sur ce, à bientôt chez la Famille Maniaque… Promis, je vous reviens en forme

 

 

 

 

 

 

10 commentaires sur « Confessions d’une Maniaque Idéaliste »

  1. Oh je suis tellement désolée pour toi Ingrid de cette expérience si décevante. Je me demande si ce n’est pas une association de « bras cassés », des gens qui ne veulent pas faire grand-chose, juste se faire mousser et ils avaient peur que tu leur fasse bouger leur derrière. Mais sache qu’en tant que lectrice, je t’adore. Et je pense ne pas être la seule, loin de là. Mille mercis pour tout ce que tu nous apporte à nous et joyeuses Pâques ! 🙂

  2. Le plus difficile est de se respecter et de respecter ses valeurs. La vie n’est malheureursement pas un conte de fée et nous sommes des fois bien surpris par la réaction des personnes qui nous entourent. Et bien, c’est une expérience de plus. Difficile, mais tu peux être fière de toi tu as respécté tes valeurs. Au fond, la vie c’est souvent vivre en accord avec soi même. Il ya des bonnes personnes mais je pense de plus en plus qu’il ne faut rien attendre de personne. Ce n’est pas être pessimiste bien au contraire. Je te souhaite beaucoup de bonnes choses pour la suite. Tu es exceptionelle, ne l’oublie pas. A un jour peut être.

  3. Salut à toi amie maniaque !
    Tout à fait d’accord avec Sissi !
    Ne perd pas une seconde à chercher ce qui cloche chez toi!
    Si je pouvais j’en te prendrais dans mes bras pour te consoler.
    Quelle bande de naze faux-cul!
    Haut les coeurs !!! Une meilleure mission t’attend sans doute ailleurs !
    Tu es géniale, dynamique et drôle !
    D’autres sauront reconnaître tes talents et les exploiter avec respect.
    Aies confiance en l’avenir.
    Mille bises de Normandie

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