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Lecture Maniaque : connaître son cerveau pour mieux manger !

Hello à vous, amis maniaques !

Ce matin, je me suis levée et je me suis dit : « Est-ce que je connais vraiment l’agglomérat de méninges et de sciure de bois  occupant mon étage supérieur ?  » Question existentielle profonde, n’est-ce-pas ? Merci, Miracle Morning …

Et puis, j’avais cet étrange bouquin qui m’envoyait tout un tas d’ondes positives, m’invitant à la lecture.

Voici donc l’analyse littéraire de :

Connaître son cerveau pour mieux manger

Sous la direction de Jean-Michel Lecerf

Editions Belin, 2017,  187 Pages

connaitre son cerveau pour mieux manger

Le monde des sciences de la nutrition regorge d’extrêmes en tout genre !

Par ci, par là, on y croise l’anorexique, le boulimique, l’hyperphagique et une bien particulière créature nommée l’orthorexique.

L’ortho… quoi ?

L’orthorexique, mes chers amis maniaques ! En somme, on pourrait l’appeler le « Maniaque de l’Alimentation Correcte ».

C’est ce maniaque qui fera, loupe à la main, une analyse minutieuse de toutes les étiquettes des magasins. Il refusera de consommer un fruit tombé depuis plus de trente minutes de l’arbre,  des fois qu’il serait envahi par une horde de sangsues suceuses de précieuses vitamines. Au moindre son de cloche alarmiste, il  se privera sans état d’âme de gluten, de sucre raffiné, de bonbons ou autre pâte à tartiner.

Tout cela pour dire que même si je suis loin, très loin d’être orthorexique, en tant que Maniaque, je me dois de vous partager des chouettes découvertes littéraires du monde alimentaire. Comme celle-ci …

 

Les auteurs

Ce bouquin, sachez que ce n’est pas un obscure esprit scientifique qui l’a négligemment pondu dans son coin. Non, non, non. Ici, c’est l’équivalent de toute une équipe de foot d’esprits scientifiques, avec en prime l’arbitre, qui se sont associés pour la bonne cause de notre hypothalamus mal aimé.

Vous l’aurez compris, l’arbitre, c’est Jean-Mi.

Jean-Mi, voyez-vous, c’est une pointure de chez pointure dans le monde de la bouffe médicalisée. Je ne parle donc pas de ces pseudos-experts qui vous vendent du rêve de mannequinat à la tv, mais bien de quelqu’un qui s’y connait. Pour de vrai.

Bardé de diplômes, docteur en médecine, spécialiste en endocrinologie, il officie à l’Institut Pasteur de Lille, où il est big manitou du service de Nutrition. Par ailleurs, il est non seulement membre de plein de conseils scientifiques aux noms tous aussi imprononçables, mais surtout expert auprès de l’ANSES ( agence nationale française chargée de la sécurité sanitaire).

Il a écrit une quinzaine de bouquins et plus de 400 publications dans des revues médicales et/ou scientifiques (et non, je ne parle pas de Top Santé, quoique … qui sait). Tout cela me donne la crampe de l’écrivain …

Un jour, comme il souffrait du syndrome de la page blanche, il a donc décidé de diriger une joyeuse bande d’écrivains, eux se trouvant justement en manque de papier.

Le thème central serait le cerveau ! Et on peut dire qu’il y a beaucoup de choses à dire sur cette étrange ballon de foot nervuré.

 

Les 11 fantastiques

Les 11 spécialistes qui se sont groupés pour allumer notre plafonnier sont (très grossièrement décrits, veuillez m’excuser, mesdames et messieurs) :

  • Pros de notre état mental : Ingrid Kiefer (psychologue de la santé) et Gérard Apfeldorfer (psychiatre).
  • Spécialistes de la physiologie en tout genre : Remy Burcelin, Didier Chapelot et Philippe Besnard.
  • Incollable sur la bouffe :  Christian Rémésy (nutritionniste).
  • Paparazzi scientifique : Suzanne Schäffer (journaliste).
  • Investigateur du comportement humain : Camille Adamiec (sociologue).
  • Rat de laboratoire : Jean-Marie Bourre (chercheur).
  • Explorateur des abîmes de la pensée : Pascal Ludwig (philosophe).
  • Celle qu’on n’arnaquera pas si facilement : Carolina Werle (professeur de marketing).

les rats de laboratoire selon la Famille Maniaque

Vous comprendrez donc aisément que c’est une approche plus que globale qui nous attend aujourd’hui !

 

Le pitch

Il s’agit en fait d’un recueil d’articles parus dans la revue Cerveau et Psycho (si si, ça existe, d’ailleurs généralement c’est rangé entre « saveurs et terroir » et « Closer »…). Son but est de nous aider à nous y retrouver dans toute la cacophonie nutritionnelle ambiante.

Cet ouvrage va donc nous remettre tous les points sur les i, et nous faire vraiment connaître notre cerveau. Mais pourquoi donc, me demanderez-vous ?

Et bien, diverses raisons peuvent nous motiver à faire connaissance avec notre cerveau chéri :

  • Afin de le nourrir correctement
  • Pour ne plus se laisser avoir par le vilain marketing alimentaire
  • En vue de garder notre jolie silhouette, tout en ayant du plaisir à table

Tout un programme, non ?

 

Les thèmes abordés

Le livre se structure en trois parties :

  • Bien nourrir son cerveau
  • Manger pour être heureux
  • Eviter les pièges

nourrir son cerveau

Bien nourrir son cerveau

Pour que votre cerveau fonctionne correctement, il faut le nourrir. Mais pas n’importe comment, hé !

Voici la recette de son plat préféré :

  • Protéines : Certains acides aminés, qui composent les protéines, sont indispensables au bon fonctionnement du cerveau. Ainsi,  un manque de tryptophane entraîne des troubles de la concentration et de la mémoire, et peut même provoquer une dépression. Il faut donc se nourrir correctement de viande maigre, de produits laitiers, de légumes secs et de poissons.
  • Graisses : Toutes les graisses ne sont pas mauvaises ! Sachez que ce ne sont pas vos cuisses, mais bien votre cerveau qui est l’organe le plus gras du corps humain. Et saviez vous que 10% de son poids est constitué … de cholestérol ? Diabolisé depuis des décennies, le cholestérol est définitivement sorti du coin des punis ! Le cerveau adore également particulièrement les oméga 3 … Pour le gâter, allez vite pêcher des poissons gras sauvages (maquereau, saumon, thon et hareng), et assaisonnez vos plats d’huile de lin, de noix, de soja et de colza.
  • Sucres : Le cerveau n’a pas de stock de sucre. ll faut donc lui en fournir constamment. Une glycémie (= taux de sucre dans le sang) stable et modérée apparaît comme la meilleure condition pour une bonne activité intellectuelle. C’est d’ailleurs pour cela que l’on dit toujours à nos têtes blondes de prendre un bon petit déjeuner. Ainsi, ils ne feront pas uniquement acte de présence en classe.

Plongez ces trois ingrédients dans la cocotte ! La cuisson peut commencer …

  • L’eau : le cerveau a constamment besoin d’être irrigué ! Buvez donc régulièrement de l’eau ou des tisanes non sucrées.
  • Oxygène : Le cerveau est l’organe qui a le plus besoin d’oxygène pour travailler. Ouvrez donc bien vos fenêtres quand vous travaillez ! Sinon, ça fume là-haut !

Le tout sera assaisonné délicatement des éléments suivants :

  • Fer : Le fer est nécessaire pour transporter l’oxygène aux cellules du cerveau.
  • Vitamine C : Cette vitamine facile l’assimilation du fer par l’organisme.
  • Magnésium : Il intervient dans les processus fournissant de l’énergie.
  • Calcium : Le calcium favorise la transmission de l’information.
  • Les vitamines B : L’avoine et les noix, riches en vitamines du groupe B, occupent le peloton de tête des aliments bons pour les neurones.

Et puis, saviez-vous que le simple fait de mâcher un chewing-gum sans sucre augmente déjà les capacités mentales, en favorisant l’irrigation sanguine des régions cérébrales importantes pour la mémoire ? Vous n’allez plus jamais voir votre ado qui broute comme une vache de la même façon…

Mais Sherlock Holmes n’est pas seul …

Car savez-vous qui est le Docteur Watson de votre cerveau ?

Et bien, il se trouve tout au bout de votre chaîne alimentaire, mes chers amis maniaques …

Vos intestins sont en effet entourés et emberlificotés de 300 à 600 millions de neurones et constituent donc votre deuxième cerveau ! Passionnant, non ?

Via notre autoroute de l’info qui est le nerf vague, l’intestin transmet à votre tour de contrôle toutes les informations relatives à l’absorption des nutriments.

Intestin et poids

Pour ce faire, il utilise des messagers : les hormones incrétines. Elles vont activer un peu le nerf vague, qui va réveiller le cerveau. Celui-ci sait alors qu’il doit faire bosser un peu le pancréas pour qu’il sécrète une autre hormone, l’insuline.  Cette insuline préviendra le cerveau que la glycémie augmente et qu’il serait peut-être temps d’arrêter de s’empiffrer.

Mais ces crétines d’incrétines sont malheureusement altérées chez les patients diabétiques et obèses. Et vous savez pourquoi ? Parce que leur flore intestinale, le fameux microbiote, est différent ! Et il est différent notamment parce qu’ils mangent autrement. De là à remplacer les coupes faims par des injections de colonies bactériennes, il n’y a qu’un pas, hé.

Intestin et anxiété

Vous avez déjà remarqué le lien entre stress et inconfort digestif ?

Faut effectivement pas être sorcier pour l’avoir perçu. Néanmoins, ce qui est intéressant, c’est que lorsque notre flore intestinale est altérée, notamment après une prise prolongée d’antibiotiques, et bien on est plus anxieux. Mieux encore, certaines études prouveraient que prendre des probiotiques améliorerait l’état mental et le bien-être.

 

Manger pour être heureux

Manger, ce n’est pas seulement bien se nourrir en mangeant en quantité raisonnable. C’est aussi se faire plaisir, apprécier des saveurs et partager des moments agréables entre amis ou en famille. Des bonheurs qui ont des effets positifs sur votre cerveau.

Dans cette partie, nos auteurs nous livrent les secrets du chocolat, du vin et du gras. Comme disait Murphy :

Murphy's law loi de Murphy

Mon petit pécher mignon…

Le chocolat, mes chers amis, n’est pas une drogue.  D’ailleurs, hormis l’alcool, aucun aliment ne répond à la définition de produit addictif.

Certes, il contient des polyphénols, du magnésium et des amines biogènes, tous à priori de bons boostants du cerveau, mais son effet « bien-être » ne viendrait pas de là. En fait, il fait juste du bien au moral, car c’est un véritable concentré de sucre et de gras. Oups.

Allez, je me reprends un morceau.

 

Trop is te veel …

Mais comment savoir quand on a assez mangé ? Le rassasiement, mes chers amis, cela s’apprend ! C’est d’ailleurs ce qui nous protège de la surconsommation. Comment ?

Notamment en évitant les tentations. Plus on a d’accès à la nourriture, plus on aura envie de manger. Cela a été bien prouvé avec les rats dits « cafétéria ». D’ailleurs, un peu de home organising en cuisine, cela vous tente ?

Ensuite, en comprenant ce qui nous fait manger plus que nécessaire : la distraction (télévision, musique), les facteurs sociaux (voir d’autres manger fait manger davantage), l’ennui, le stress … et l’absence d’exercice physique … Allez, un peu de ménage, mes amis !

Le gras

A l’origine, il y avait 4 saveurs : le sucré, le salé, l’amer et l’acide.
Puis on a découvert l’umami (« savoureux » en japonais).
Aujourd’hui, on ajoute une 6 ème saveur à notre palette gustative : le gras !

Effectivement, de récentes découvertes scientifiques ont révélé l’existence de capteurs oraux spécifiques au gras.
Le système gustatif est donc capable de percevoir la présence de graisse dans les aliments. Et devinez quoi ! Plus on est gros, plus cette reconnaissance du gras est mauvaise. Et plus on maigrit, mieux on détecte oralement le gras des aliments !

Et pour arroser le tout …

L’impression laissée par la dégustation d’un grand vin tient autant à la palette des arômes qu’à la présence des amis avec qui on le boit, ou encore à l’idée que l’on se faisait du vin.
Rien n’est donc perdu si vous ne savez pas distinguer la piquette d’un grand cru. Car le novice dispose de la même richesse sensorielle que le connaisseur. En gros, il manque juste de connaissance et d’expérience.

 

Eviter les pièges

Cette troisième et dernière partie est consacrée à tous ces pièges à cons qui nous attendent à chaque coin de rue.

Par exemple, le piège des quantités. Ces dernières années, les tailles des portions alimentaires n’ont cessé d’augmenter. Or des études ont montré que le volume de nourriture consommé augmente en moyenne de 35% quand la taille de la portion double. Avec tous les formats XXL et familiaux qui sortent, il y a de quoi avoir peur, non ?

Concrètement, nos auteurs nous conseillent de :

  • Ne pas finir son assiette. Cesser de manger quand vous êtes rassasiés.
  • Acheter des assiettes plus petites (comme celles de nos grands-mères). Réserver les grandes assiettes pour les légumes ou les fruits.
  • Ne pas adapter la quantité ingérée au label du produit. Ce n’est pas parce que c’est « allégé en matières grasses » qu’il faut en manger le double.
  • Se méfier des « halos de santé » ! Ce n’est pas parce que vous accompagnez votre menu Big Machin Gras d’une salade que vous êtes tirés d’affaire. Et puis, « bio » et « local » ne veut pas dire « moins calorique ».
  • Se méfier de la « cacophonie nutritionnelle » et de la « paranoïa alimentaire ».

La paranoïa alimentaire

L’espérance de vie ne cesse d’augmenter, et pourtant les réseaux sociaux ne cessent de nous mettre en garde contre l’industrie agro-alimentaire.

A cause de cette surexposition aux informations alarmistes et approximatives, de plus en plus de monde souffre de cybercondrie :  Les gens se sentent vraiment malades après ingestion de quelque chose dont ils ont lu que cela aurait un effet négatif sur la santé (cela s’appelle effet nocebo, à l’inverse de l’effet placebo).

De plus, il est observé que nos surévaluons les risques émanant des substances fabriquées par l’homme, tels les conservateurs, et sous-estimons les dangers naturels comme les toxines des plantes. A l’inverse, nous ne nous méfions pas assez des produits alimentaires raffinés, qui sont souvent de mauvaise qualité.

Cessez donc immédiatement ce régime auto-prescrit, sans gluten ! Ce n’est vraiment pas nécessaire …

La « faim » des régimes

Vous pensez que le régime miracle est à votre portée ? Et bien détrompez-vous ! Aucun régime ne fonctionne. Mince.

Et pourquoi donc, me demanderez-vous ?

D’abord, on grossit pour diverses raisons : excès de tentations, manque d’activité physique, altération de la flore intestinale, stress, surmenage, travail nocturne, manque de sommeil, prédisposition familiale … mais aussi à cause de notre enchaînement de régimes inadéquats !

Lorsqu’on fait régime, on perd du muscle et de la graisse. Chouette ! Sauf que le corps, il s’adapte. Ce coquin va entrer en mode d’économie d’énergie, ce qui s’exprime par une diminution du métabolisme de base. C’est ainsi qu’il se protège contre la disette.

Le hic c’est que dès que vous allez craquer et remanger comme avant (ce qui arrive toujours… et vous le savez ! ), ce métabolisme de base ne revient plus à son point de départ.  Vous ne pouvez donc plus jamais vous permettre de manger comme avant, sans risquer de regrossir.

C’est ce qu’on appelle l’effet YOYO, qui fait que des personnes qui n’étaient pas vraiment en surpoids finissent obèses à force de faire des régimes.

Devant cet avenir peut réjouissant, que reste-t-il donc à faire, mes chers amis ? Et bien il faut réapprendre à manger :

  • Limiter les aliments disponibles
  • S’arrêter quand on n’a plus faim
  • Etre attentif à ce qu’on mange, en mangeant en pleine conscience
  • Savoir pourquoi on mange : par ennui, stress, faim, plaisir, dépit, compensation , négligence …?
  • Réapprendre à cuisiner
  • Pratiquer un exercice physique régulier

Enfin et surtout, il faut se réconcilier avec son corps. Notre poids de forme n’est peut-être pas notre poids « idéal ». Que voulez-vous, chacun est unique …

 

Mon avis humble et entièrement subjectif

Mes chers amis maniaques, nous sommes à mille lieues de mes sujets usuels, je le reconnais.

Néanmoins, je trouvais ce livre « tout public » particulièrement intéressant à vous partager. S’il y a quelque chose de méga important à retenir de celui-ci, c’est que le corps humain est super bien fait.  Malheureusement, nous ne sommes plus assez à l’écoute de celui-ci.

Apprenons donc à nouveau à sentir la faim et la satiété.

Mangeons sans distractions, lentement et sans excès. Profitons doucement d’un bon morceau de chocolat et d’un verre de vin.

Carpe diem.

 

Sur ce, à bientôt pour une nouvelle lecture Maniaque !

 

 

 

 

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