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Lecture Maniaque : les kilos émotionnels !

Hello à vous, amis maniaques !

Ok ok, j’avais dit que je ne pouvais pas me lasser des livres sur le rangement…

C’est toujours vrai, je vous rassure.

Néanmoins, papa Maniaque commençait sérieusement à s’inquiéter de ma santé mentale. En effet, je lisais, pensais, rêvais rangement.. Je rangeais mes frigos, mes placards, mon grenier … Bref. Je crois qu’il a eu peur que je le range aussi.

Voici donc pour le rassurer, une lecture d’un autre genre :

 

Les kilos émotionnels … Comment s’en libérer

par Dr Stéphane Clerget

Edt Albin Michel, 2009, 285 p.

kilos émotionnels

Pourquoi cette lecture ?

Bon, vous n’êtes pas sans savoir que je suis diététicienne, et accessoirement très légèrement obsédée par ma meilleure ennemie, la balance.

Haaaa… quelle belle et longue histoire d’amour et de haine…

Comme beaucoup d’entre vous, je parie.

Et depuis que l’ANSES a publié son terrifiant rapport concernant l’échec écrasant des régimes en tout genre, et menaçant par la même occasion de mettre sur la paille des milliers de diététiciens (noooooon je rigole, allez), il faut avouer que je me pose énormément de questions.

Comment accompagner au mieux tous ces gens qui rêvent d’un corps svelte, sain et parfait, dans ce monde où vraiment tout, tout, tout pousse à consommer toujours et toujours ? 

Avouez que c’est vachement frustrant.

Après avoir lu le (soyons honnête, franchement indigeste) bouquin du Dr. G. APFELDORFER, « Je mange donc je suis. Surpoids et troubles du comportement alimentaire » (Éditions Payot, 1991, 2001), je me suis donc lancée tête baissée dans celui-ci, également pondu par un psychiatre. 

kilos émotionnels

L’auteur

Le docteur Stéphane Clerget est un pédopsychiatre assez médiatisé. Sa tête ne vous dit rien ? Moi pas en tout cas. Mais je ne regarde pas beaucoup la télé.

stéphane Clerget

Selon cette source, ce savant monsieur est docteur en médecine, spécialisé en psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, ancien Interne des Hôpitaux de Paris, Praticien Hospitalier, chercheur, clinicien, diplômé d’histoire de la médecine, ses champs d’études sont pluriels et s’appuient sur une pratique (de quoi, je l’ignore…).

Il est évidemment l’auteur de nombreux articles et de livres destinés aux professionnels comme au grand public. Avec tout cela, honnêtement, je ne sais pas s’il a encore beaucoup le temps de s’occuper des kilos émotionnels des pauvres gens comme moi… Mais soit…no comment. Vais prendre mon Prozac et me taire.

 

The pitch

A en croire la couverture, ce livre est sensé me donner les clés pour réagir aux situations sans compenser par la nourriture (ni par les achats impulsifs, j’oserais ajouter…).

C’est donc :

  • Une aide pour perdre du poids, sans médicaments ni régimes. Ben oui, puisqu’ils échouent tous…
  • De nombreux exemples concrets.
  • Des conseils pour les enfants, les adolescents et adultes.

Voyons donc cela de plus près…

 

Le fil conducteur

Les kilos émotionnels, ce sont ces vilains kilos acquis, provoqués par des raisons émotionnelles récentes ou inscrites plus profondément en nous, remontant parfois à notre enfance.

Face aux émotions négatives, notre corps réagit de diverses façons :

  • Il nous pousse à manger davantage.
  • En donnant envie de certains types d’aliments, gras ou sucrés notamment.
  • Il agira aussi à travers notre activité physique, en l’augmentant ou la diminuant.
  • Enfin, par une augmentation du stockage des graisses, sans que nous mangions plus. Ca franchement, c’est pas sympa.

Pour ne pas arranger nos affaires, c’est un cercle vicieux :  quand on a des kilos émotionnels, ce surpoids crée des émotions négatives qui nous poussent à manger. Ben oui, la société n’est pas très tolérante vis-à-vis de la surcharge pondérale. Paraît que ça fait « pauvre » (j’ai rien inventé, c’est écrit noir sur blanc). Donc on se sent mal. Donc on mange. Et puis, la malbouffe est tellement facile d’accès, donc dur dur de s’en priver …

Les causes du surpoids

Au fond, pourquoi cette vilaine balance ne veut-elle pas se tenir tranquille ?

Et bien, notre charmant docteur nous dénombre 4 causes :

  • Génétiques
  • Educatives
  • Emotionnelles
  • Comportementales (grignotage, fringales, chocolatomanie, syndrome d’alimentation nocturne, hyperphagie, boulimie).

 

Les causes éducatives

La société dans laquelle nous vivons nous pousse constamment à la consommation. En plus, si nos vilains parents nous ont mal élevés de surcroît, c’est vraiment trop nul.

En effet, voici des attitudes qu’il faut absolument abolir, mes chers amis parents !

  • Nourrir systématiquement bébé quand il pleure, sans en chercher la raison. Sinon, devenu adulte, il aura toujours recours à la nourriture en cas de mal-être.
  • Récompenser chérubin par des sucreries.  Plus tard, il cherchera toujours le réconfort dans les crasses !
  • Nourrir petite tête blonde à heure fixe et en quantité définie, sans tenir compte de ses envies et appétit. Si vous faites cela, votre enfant mangera sans plaisir, par automatisme.
  • Laisser mini geek manger devant la télévision. La nourriture devient une « pâtée calorique répondant à un besoin sans être investie de désir ». Soit, on mange par automatisme, et plus que de raison.

    effort réconfort

Les causes émotionnelles

Avant de s’attaquer aux émotions, il est important de repérer ce qui nous pousse à manger. Trois cas se présentent :

  • Des critères émotionnels : recherche de réconfort, combler un vide, ennui, tristesse, …
  • De bonnes raisons : manger par faim
  • Les critères sociaux : manger entre amis, par convivialité.

Mais l’être humain est complexe. Il ne sait pas toujours identifier les émotions qui le poussent à se goinfrer. Pour cette raison, mon copain le Psy nous propose de tenir un journal de bord.

Sans vous abstenir de manger, vous allez donc inscrire minutieusement pendant quelques jours les données suivantes, sous forme de tableau :

  • Heure
  • Quantité ingérée
  • Degré de faim, allant de 1 à 10
  • Emotion: colère, tristesse, inquiétude, désarroi, ennui …

Ensuite, quand vous serez vraiment fortiches, à vous de chercher les raisons de ces émotions : nature, nuances, circonstances déclencheurs et réactions.

Reconnaître la faim

Mes chers amis, sachez que la faim se reconnaît par les symptômes suivants : creux à l’estomac associé à une irritabilité, une fatigue, une salivation excessive et la tête qui tourne.

En mangeant, le plaisir alimentaire est maximal lors des premières bouchées. Ensuite son intensité diminue. Pensez donc toujours à savourer les premières bouchées. Vous aurez moins envie de manger ensuite 😉

Si vous vous rendez compte que vous n’avez pas vraiment faim, un seul mot d’ordre : ACTION ! Faites diversion en téléphonant, vous promenant, rangeant, nettoyant, prenant un bain, jardinant, lisant, dessinant, faisant du tricot ou que sais-je…

faim

Les facteurs influençant les émotions

Pour pouvoir agir contre nos kilos émotionnels, il importe de s’armer au mieux contre notre adversaire. Sachez que les émotions, phénomène bref ressenti par notre petit cerveau, peuvent être plus ou moins intenses selon divers paramètres :

  • Les médocs. Certains médicaments agissant sur le système nerveux auront un impact sur nos émotions, cela paraît évident. Mais ce n’est pas tout : corticoïdes, hypertenseurs, substituts hormonaux, antiparkinsoniens et antiépileptiques influencent également nos humeurs. Méfiance donc !
  • Les aliments : des carences en magnésium, en tryptophane, en vitamines du groupe B, en oméga 3… peuvent aussi influencer nos émotions. Ce n’est donc pas étonnant que l’on conseille de manger sainement en cas de blues.
  • Les régimes : les régimes restrictifs et les reprises de poids ont de quoi décourager bon nombre d’entre nous. Au programme : restriction cognitive et perturbation du comportement alimentaire ! 
  • Le stress : Selon certaines études,ce seraient surtout les femmes les victimes de kilos émotionnels liés au stress. Ces kilos se logeraient principalement en zone abdominale.

Comment lutter contre le vilain stress ?

Pour lutter contre le stress, il faut d’abord repérer les objets et les situations stressantes. Ensuite, cela paraît évident, il « suffit » de le prévenir (notamment par une bonne gestion du temps… un peu de Home Management, peut-être ?), de relativiser et de se trouver des personnes ressources qui nous font du bien.

Ces mécanismes de pensée sont potentiellement stressantes :

  • La personnalisation : on s’attribue systématiquement la responsabilité des problèmes présents ou passés.
  • La maximalisation (donner une importance démesurée à un fait) et la minimalisation (déprécier les évènements positifs).
  • La généralisation excessive (« si je craque pour cette glace, je suis incapable de tenir un régime » ).
  • L’abstraction sélective : ne retenir qu’une partie d’une situation globale pour en tirer une conclusion.
  • L’inférence arbitraire : tirer une conclusion illogique ou irrationnelle d’une situation.
  • Le clivage : le « tout ou rien » (ex. si elle n’est pas d’accord avec ce que je dis, elle est contre moi »)

Prenez donc du recul par rapport à tous ces modes de pensées !
Ensuite, relaxez-vous : apprenez à respirer, pratiquez la cohérence cardiaque (j’ai pas trop pigé), quelques massages et abusez du bon vieux sommeil réparateur.

 

Comment agir face à ces émotions qui nous font grossir ?

Notre auteur nous énumère ici toute une série d’émotions qui influencent notre comportement alimentaire, et surtout, comment s’armer contre elles ! En voici quelques-unes :

  • La peur : Il faut y faire face, se confronter mentalement à elle. Ainsi, on évitera de se replier sur soi, de s’isoler.
  • La tristesse : il faut la laisser s’exprimer, même si c’est pas super bien perçu par la société (hoooo les mecs, ça pleure pas ! ), et en chercher l’origine.
  • L’ennui : Il est important de toujours rechercher la nouveauté, le défi, afin de ne pas se « nourrir » pour remplir son existence.
  • L’anxiété : il importe de chercher des appuis externes, de faire des hypothèses positives en utilisant le raisonnement. Les situations anxiogènes seront affrontées étape par étape.
  • La colère : si elle est retenue, elle engendre des kilos. Laissez-la donc s’exprimer, se verbaliser, notamment par l’écriture (vous n’êtes pas obligé d’envoyer la lettre…) ou l’humour. Pourquoi pas laisser couler quelques larmes pour diminuer la pression ?

 

Déprime et kilos émotionnels

La dépression est une grosse source de kilos émotionnels. Particulièrement chez la femme, déjà elle-même plus à risque de déprime.

Des études auraient démontré non seulement que 60% des femmes à antécédents de dépression ont un risque d’obésité, mais aussi que les femmes obèses ont deux fois plus de risque d’être déprimées.

Cette corrélation n’a pas pu être prouvée chez les hommes.

kilos déprime

Cette prise de poids s’explique par divers facteurs :

  • Médication (mais pas toujours, cela dépend du type de médoc)
  • Diminution de l’activité physique
  • Augmentation de la prise d’alcool
  • Episodes d’hyperphagie boulimique
  • Régression : retour aux goûts sucrés et aux textures faciles à manger de l’enfance (le pot de glace devant la TV, cela ne vous rappelle rien ? )
  • Le sentiment de perte à combler par l’alimentation

Le traitement de la dépression est complexe et long. Les quelques conseils que notre psy donne sont :

  • Laisser pleurer, sans surmédicalisation.
  • Apprendre à percevoir le bon dans chaque heure.
  • Imaginer qu’une caméra filme votre vie.
  • Agir sur son apparence pour gagner en confiance en soi.
  • Lâcher prise.
  • Accepter les critiques justifiées.
  • S’affirmer.
  • Pratiquer l’art du compromis.
  • Déculpabiliser.

 

Conclusion

Bon, vous aurez compris qu’on est à mille lieux des lectures que je vous propose habituellement.  Néanmoins, la santé et les questions de poids nous touchent tous. Je suis convaincue qu’en matière d’hygiène de vie, tout est lié !

Tellement de nos maux sont liés à notre société de la surconsommation : on encombre nos maisons et nos frigos. On se nourrit n’importe comment, avec ce qu’on trouve, pour combler un malaise que nous ne parvenons pas à gérer.

Pour cette raison, j’espère que cette petite lecture vous aura aidé un petit peu.  Moi, en tout cas, j’ai apprécié.

balance magique

A bientôt chez la Famille Maniaque !

2 commentaires sur « Lecture Maniaque : les kilos émotionnels ! »

  1. Merci pour ce résumé de lecture très instructif. C’est vrai que notre société nous pousse à surconsommer et le lien entre l’encombrement des maisons et le surpoids me parle beaucoup aussi. Pour info , j’ai appris ce qu’était la cohérence cardiaque il y a quelques semaines: « La cohérence cardiaque est une méthode de respiration qui consiste à effectuer 6 inspirations/expirations par minute pendant 5 minutes. … Pour ses promoteurs, cette respiration régulière diminue le stress, offre un meilleur contrôle du rythme cardiaque et améliore la concentration ». Il existe de petites vidéos sur internet qui guide ces exercice de 5 min. C’est vrai que cela fait du bien.

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