Publié dans Hortico Maniaque

Purin de Maniaque !

Hello à vous, amis maniaques !

Ahhhhh je ne me lasse pas du printemps. C’est vraiment LA saison que je préfère.

La nature qui se réveille, les fleurs, les oiseaux…. J’en deviens toute nunuche et sentimentale.
Bon, soit.

purin de maniaque

C’est aussi la saison où l’apprentie sorcière qui squatte obstinément mon corps se réveille. Ensuite, elle sort ses gros chaudrons (comprenez, les bacs de rangement qui ne servent plus… ben oui je désencombre ;-)…) et ses grimoires (internet, quoi…).

Mixez nature et sorcellerie et voilà que je vous concocte un chti article sur les engrais maison !

Tiens, fais-moi du purin !

jardin maniaque printemps

Alors, rassurez-vous tout de suite, mes chers amis maniaques !

Je ne compte pas vous parler de ces charmantes flaques jaunâtres à l’odeur suave au bord des fermes… Ce sera pour la prochaine fois.

Non, je rigole…

Je le ferai uniquement si vous insistez.

Le purin dont je vais vous parler aujourd’hui est 100 % végétal.

Du purin végétarien, quoi.

Kesako

En effet, le mot purin désigne aussi des préparations liquides obtenues à base de végétaux, comme l’ortie, la consoude, la prêle, la rhubarbe, le sureau et d’autres.

Ces produits sont obtenus par macération, infusion ou décoction de certains végétaux.

Ces purins peuvent servir, selon leur stade de maturation et le végétal utilisé, d’insecticides, de fongicides (lutte biologique), d’engrais ou d’activateur de compost.

En parcourant le Maniak Net, vous découvrirez plein de recettes et astuces pour booster votre jardin au naturel. Je ne suis pas certaine que la rigueur scientifique soit omniprésente, mais soit. Je choisis de faire abstraction. Pour une fois. Ça m’amuse trop, que voulez-vous.

matière première purin

Les besoins de vos plantes

Car à moins d’avoir une terre miraculeuse, pour avoir de jolies plantes à faire pâlir les voisins, il faut les nourrir…

Ainsi, pour couvrir les besoins des végétaux, la première façon consiste à enrichir la terre avec votre magnifique compost. En automne, recouvrez donc tous vos parterres d’une bonne couche de cet or noir, qui libèrera toutes ses précieuses substances nutritives progressivement.

utilisation du compost jardin

Et puis, pour le « coup de boost » printanier, il y a les engrais. Mais pas n’importe lesquels, hein… ce serait dommage de polluer…

Ben oui, il faut du naturel !

En effet, vos plantes chéries ont besoin de plein de nutriments pour être en forme (un peu comme nous, quoi)…

De l’azote

L’azote est important pour assurer une belle végétation, bien abondante et verte.

Une carence en azote se manifeste chez une plante par un feuillage pâle et un développement lent.

pelouse

Du potassium

Le potassium joue un rôle important dans la production, le transport et le stockage des sucres dans la plante. Ainsi, il assure un bon développement des fleurs et des fruits, ainsi qu’une coloration bien prononcée.

Une carence en potassium se manifeste par la présence de nécroses brunes à la pointe des feuilles, ainsi qu’entre les nervures.

potager

Du phosphore

Le phosphore assure le développement des racines et renforce les plantes contre les maladies et la sécheresse.

Une carence en phosphore se manifeste par une couleur pourpre du dessous des feuilles, une floraison peu abondante et des fruits qui ont du mal à arriver à maturité.

arbustes

Mais aussi…

  • Le calcium est responsable de la cohésion des parois cellulaires des plantes.Une carence en calcium se manifeste par la déformation des nouveaux tissus, comme les extrémités des racines, les jeunes feuilles et les extrémités des pousses.
  • Le magnésium est l’atome central dans la molécule de chlorophylle.Une carence en magnésium se manifeste  d’abord dans les feuilles plus âgées, celles-ci devenant jaunes avec des veines vertes (chlorose interveinale).
  • Le souffre est trop souvent négligé et sous-apprécié. Il existe un équilibre significatif entre l’azote et le souffre : sans une quantité suffisante de soufre, les plantes ne peuvent pas utiliser l’azote et les autres nutriments de façon efficace afin d’atteindre leur plein potentiel.Une carence en souffre ressemble à celle de l’azote : les jeunes feuilles jaunissent d’abord, puis tout le reste de la plante.

fleurs

Le bon équilibre ?

Alors, je ne suis pas biologiste ou agricultrice, mais je suppose que ça doit être un peu comme pour les humains… Ce sera le bon équilibre de toutes ces substances qui comptera pour une belle croissance.

Certaines plantes sont en effet plus exigeantes que d’autres :

Par exemple :

  • Azote : gazon, graminées et bambous, arbustes, plantes vertes d’intérieur, légumes feuilles.
  • Phosphore : principalement les espèces à fleurs et à fruits et légumes graines.
  • Potassium : arbres fruitiers, arbustes à fleurs, fraisiers, rosiers, bulbes, légumes racines.

Le matos de la sorcière chlorophylle

Si vous aussi, vous désirez emprunter les chemins obscurs de la sorcellerie écologique, voici ce dont vous aurez besoin :

  • Un jardin ! (sans blague… vient de me dire Mister anti Maniaque)
  • Deux seaux en plastique de 10 litres (ils serviront au moment de filtrer et transvaser les purins dans des bidons)
  • Un sécateur
  • Des gants de jardinage
  • Des contenants en plastique avec couvercle, de 10 litres minimum : ils serviront de cuve à macérer.
  • Un baton (pour mélanger les mixtures).
  • De quoi filtrer (perso, j’utilise une vieille épuisette de piscine, du temps où le potager n’avait pas envahi le seul coin plat du jardin, et où l’on pouvait placer un bazar auto-portant).
  • Des bidons en plastique de récupération (style eau déminéralisée)
  • Un conjoint très compréhensif et totalement anosmique.

azote au jardin ortie

L’azote : purin d’orties

Pour enrichir mon jardin en azote, j’utilise depuis 4 ans du purin d’orties. Super facile à concocter et 100% gratos, il permet d’augmenter le feuillage des haies, de bien nourrir les graminées etc. En plus, il aide à combattre les pucerons !

Comment faire ? 

  • Préparer son matos : des gants, des longues manches et un seau en plastique de 10 litres…
  • Prélever les orties (j’ai de la chance, le champs à côté de chez moi en est plein, et puis les voisins n’ont pas besoin de ça pour me croire folle) et remplir le seau. Cela correspond grossièrement à 1 kg d’orties.
  • Les découper grossièrement.
  • Remplir le seau d’eau de pluie.
  • Recouvrir et laisser dans un endroit ensoleillé.
  • Mélanger de temps en temps (ils disent tous les jours, mais je ne suis hélas pas si disciplinée).
  • Au bout d’une quinzaine de jours, cette délicieuse macération à l’odeur franchement insupportable ne moussera plus et sera prête à être filtrée.
  • Filtrez donc (PS. la pince à linge sur le nez, ça ne fait pas du bien) et conservez le purin dans des bidons fermés.
  • La bouillie d’orties résiduelle finira sa vie dans le compost, ou au pied de votre haie.

Utilisation : 

  • Comme fertilisant : diluer à 10% et arroser les plantes (à feuilles ! Chez les plantes à fleurs et à fruits, vous favoriserez le feuillage au détriment du reste). Espacer les traitements de minimum 15 jours, afin de ne pas overdoser la plante.
  • Comme répulsif à pucerons : diluer à 5% et asperger les feuilles.

purin d'orties

Le potassium

Pour obtenir un engrais riche en potassium, rien de plus simple : le potassium se trouve dans les fruits et les fleurs…

Il suffit donc de faire un purin avec vos bananes trop mures, pelures de fruits, fleurs fanées et jus de cuisson des légumes et pommes de terre !

  • Réservez un bac fermé à cet effet, dans un coin du jardin.
  • Jetez-y vos pelures et fruits trop mûrs, ainsi que le jus de cuisson des végétaux.
  • Vous pouvez aussi y verser les cendres de votre cheminée (ou du barbecue…), très riches en potasse.
  • Agrémentez-le avec vos restes de thé et infusions, très riches en oligo-éléments, et, pourquoi pas, du marc de café.
  • Laissez macérer tranquillos une quinzaine de jours, en remuant de temps en temps.
  • Filtrez et conservez ce purin de potassium dans un bidon fermé.

Utilisation : 

  • Comme apport en potassium : diluer un peu (style 50%) et arroser les plantes.

Vous pouvez également réaliser un purin de pissenlits, lorsque ceux-ci sont en fleurs. Vous arrachez environ 1 kg de pissenlits (= le seau rempli, feuilles + fleurs) pour 10 litres d’eau de pluie. Laissez macérer 15 jours et filtrez. Ce purin peut être dilué à 20 % : arrosez-en gaiement vos plantations !

purin de pissenlit

Le phosphore

Le phosphore se retrouve dans les produits laitiers, les arêtes de poisson, la coquille des oeufs et le compost.

Il se lie au calcium et est difficilement assimilable s’il est fourni sous forme d’engrais liquide. Ce qui me semble donc intéressant, c’est de faire une « poudre » maison, à partir de coquille séchées et écrasées, croûtes de fromage, arêtes de poisson et compost mûr, et d’épandre cela directement au pied des plantes carencées.

Un bon truc, c’est de placer des coquilles d’oeufs broyées dans les trous de plantations : le phosphore se libérera progressivement pour une bonne utilisation par les racines.

phosphore oeufs

Le purin de prêle

J’avais lu à divers endroits que le purin de prêle était un bon fongicide pour le jardin. Or j’ai un érable du Japon qui me pose pas mal de soucis parce que je l’ai planté dans une zone trop humide, bien mal m’a prise.

Je me suis donc lancée à la chasse au prêle des champs.

La cueillette

Et bien, mes amis, sachez qu’il n’est pas facile à trouver

Depuis des semaines, chaque fois que je circule,  je scrute les bordures de route en espérant trouver cette mystérieuse plante.

Et puis, mardi dernier, en revenant de mes consultations, j’ai eu un flash… Là, oui là, au bord de ce trottoir d’un coin bien chic de la commune la plus riche de Bruxelles,  poussaient quelques brins de prêle ! Non mais, allo quoi, des mauvaises herbes ici… Où va le monde…

Je me suis donc vite garée et ai sorti mes sachets de recup prévus à cet effet…

C’est en cueillant joyeusement ces herbes folles que j’ai entendu une voix masculine me dire « Bon appétit »…

Mince. Je passe pour une folle.

Encore.

J’ai essayé désespérément de me montrer intelligente, en disant ce que je comptais en faire. Puis, dans cette logorrhée interminable, j’ai eu l’erreur de lui dire que je prélevais aussi les orties et les pissenlits.  J’ai un droit à un « bonne journée » inquiet et le monsieur s’est encouru. Je pige pas.

cueillette de prêle

Ceci dit, ce matin en longeant un canal, j’en ai encore trouvé pour compléter ma collection.

La préparation

Ensuite, bon il y en a qui disent de faire une décoction en faisant bouillir, mais mon côté rebelle me dit de faire comme pour les autres macérations : j’ai rempli un seau (environ 1 kg) puis couvert avec de l’eau de pluie. Je laisserai macérer quelques jours…

Question efficacité, je vous en donnerai des nouvelles d’ici peu. J’espère sauver mon bel érable…

 

coin purin végétal

Et puis tout ce qui me passe par la tête…

Une fois envahie par la fièvre de la récolte de mauvaises herbes, plus rien ne peut m’arrêter. Purin de gourmands de tomates, purin d’herbes non identifiées mais sûrement très bonnes (on ne sait jamais)… tout va y passer. D’ailleurs, cet article me donne encore plein d’idées…

Dingue ? Moi ? Meuhhhh non !

Ceci au grand damne de papa Maniaque, témoin impuissant de la métamorphose maximaliste du  jardin… Et dire que j’avais si bien progressé à l’intérieur de la maison…

Ben quoi ?

On ne se change pas comme ça, du jour au lendemain, hein…

réserve de purin engrais

 

Conclusion

Pour conclure, et pour vous donner des pistes judicieuses sans vous compliquer inutilement la vie, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas créer un espèce de  « tout en un ».

Cela prendrait moins de place… Les minimalistes approuveront.

Je m’imagine donc brasser une décoction géante de :

  • Ortie pour l’azote.
  • Bananes, peau de kiwi, feuilles de chou, fleurs de pissenlits et eau de cuisson pour le potassium.
  • Un peu de bière pour les vitamines B.
  • Coquilles d’oeufs broyées et croûtes de fromage pour le phosphore et le calcium.
  • Marc de café pour les oligo-éléments et le caractère acidifiant (super pour les rosiers et les plantes de bruyères)

Maintenant, il ne reste plus qu’à réfléchir aux proportions « idéales ». Des suggestions ?

purin

 

Sur ce, à bientôt pour de nouvelles aventures horticoles 🙂

 

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